La vigne

DES VINS GORGES DU TARN :

Domaine de Gabalie, Sylvain Gachet      06 75 75 15 95

Domaine des Cabridelles, Elisabeth Boyé et Bertrand Servières       06 50 54 00 13

EN LOZERE, la vigne a une histoire !

Du moyen-âge jusqu'aux années 60-70, les vignes ont prospéré sur les coteaux et vallons lozériens et tout particulièrement dans les Gorges du Tarn.

Urbain V, pape renommé, ne buvait que du vin de sa Lozère natale. Plus tard, le docteur Guyot faisait éloge des terroirs lozériens, prodiguant des conseils sur les qualités des cépages...

Chaque famille avait son carré de vignes, sa petite cave et cultivait avec beaucoup de courage et d'acharnement les bancels abrupts. Le vin produit était une consommation familiale mais servait de monnaie d'échanges avec les paysans éleveurs des Causses. Le vin représentait une véritable richesse et économie. Malheureusement, l'exode rural, la pénibilité du travail ont eu raison de cette culture.

La réimplantation du Domaine de Gabalie en 2003 et du Domaine des Cabridelles en 2006 donne un nouvel essor à la viticulture lozérienne.

UN TERROIR D'EXCEPTION entre 500 et 600 m d'altitude

Schiste, argile, calcaire, graveleux composent les sols des 11 hectares plantés sur les coteaux exposés au Sud.

Les Gorges du Tarn sont soumises à un microclimat contrasté à triple influences (méditarranéen, semi-continental, océanique) propice au bon développement de la vigne et à la bonne maturation des raisins.

Les cépages choisis sont adaptés à l'altitude et produisent des vins complexes et équilibrés : Chardonnay, Sauvignon (raisins blancs), Pinot noir, Syrah, Marselan (raisins rouges).

Le travail quotidien des vignerons, essentiellement manuel et proche de la nature, concourt à l'expression typique de ces cépages.

DES VINS D'EXPRESSION

Les vendanges manuelles en cagettes permettent de sélectionner et réaliser des cuvaisons à la parcelle et à maturité optimale. Chaque millésime  apporte satisfaction  par la qualité des vins obtenus, confortant nos vignerons dans leurs choix et atteste d'un terroir exceptionnel.

Les vins blancs : ils sont caractérisés par des arômes fins, puissants, de fruits, fleurs et minéral. Rondeur et vivacité donnent des vins complexes.

Le vin rosé : il étonne par sa couleur rose vive et légère et ravit le palais par sa fraîcheur et son fruité.

Les vins rouges : avec 3 cépages et 3 types de sols différents, les assembages sont divers et variés. Ils offrent une palette pouvant satisfaire tous les goûts.

Du vin rouge fruité et gouleyant au vin plus profond et complexe de plus longue garde, vous trouverez plaisir à déguster des vins typés aux arômes de fruits rouges et noirs (mûres, cassis, myrtille), épicés aux tanins doux et soyeux.

 

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De quand date la présence de la vigne à Ispagnac ?

ispagnac 180Sans doute de l'époque romaine. Hispanus et ses successeurs ont pu apporter cette culture dans le vallon ; et en terrasse comme le faisaient déjà les romains.
Au Moyen âge le monastère bénédictin et les prieurs qui dirigeaient Ispagnac n'ont pu qu'en développer la culture. A tel point que le vin va faire à l'époque un peu de la richesse de la ville. Car il s'agit bel et bien d'une ville ; 3e du Gévaudan avec 90 feux au 14e siècle, forte de ses puissants remparts, elle va prospérer grâce à la vigne. Les coteaux orientés est, sud et même ouest en sont couverts et les bancels ( terrasses) demandent un entretien permanent. Même les parties les plus pentues sur Molines et dans la côte de Molines ont de la vigne. Sur le pourtour des parcelles, accolés aux murets en pierre sèche, étaient plantés les amandiers. Tout le sol était exploité et les bancels pouvaient être fort étroits, 3 ou 4 m.( voir à l'entrée du village à droite en venant de Florac ).Il est vrai que la population vivait presque exclusivement de l'agriculture et de l'élevage et avec 1000 à 2000 h dans la commune il fallait que tout le sol du vallon soit cultivé.

XVII° siècle

ispagnac 163Au 17e siècle le vin d'Ispagnac est fort apprécié ( rien à voir avec la piquette dont on a pu nous parler plus tard) et Monseigneur Piencourt, évêque de Mende, le fait servir à sa table.
En 1680 il s'en fait livrer 35 charges et 5 setiers .( une charge = environ un hecto ). Et l'année suivante 40 charges !
Mais il y a de la concurrence et Ispagnac va se protéger contre les vins venus d'ailleurs ( Midi, Vivarais..) . Un arrêté consulaire du 6 août 1704 interdit " d'acheter, vendre ou débiter du vin étranger tant que celui de la paroisse n'aura pas été entièrement débité et consommé ". Avec contrôle des stocks et visite des caves, et éventuellement saisie des tonneaux et récipients…Pourtant on boit beaucoup, surtout aux foires. Suivant les gosiers cela va de la pinte , la miège , la feuillette ou tout simplement la quette(de 2 litres à un quart de litre). Les mesures varient suivant les régions.
Mais Ispagnac produit une quantité importante : 100 hectares sont cultivés dans le coin et la production varie de 20à 40 hectos l'hectare. On " goûte "le vin dans la cave du voisin, à l'auberge, dans la vigne au " barricou "(petit tonneau) pour se donner du cœur à l'ouvrage. De 7 à 9 ou 10 degrés cela permet quelque excès et l'alcootest n'existait pas, heureusement !

La vigne rythme les saisons du village

En hiver les ceps dressent leurs bras nus et noueux vers le ciel. C'est l'époque où on relève les terrasses, répare les escaliers dans l'épaisseur des murets, arrache les vieilles souches, retourne la terre à la " harpe "(pioche à trois dents qui s'use vite sur le schiste et que le maréchal ferrant devra " rechausser "). Il faut aussi remonter la terre ou le fumier avec des corbeilles spéciales, les drèches terrajadounes. " Terrejer "n'est pas un travail de tout repos. Les anciens portent la " taillole ", une longue bande d'étoffe qu'on serre autour des reins et qui les soutient dans l'effort.
Février, début mars c'est la taille. Les journaliers (payés à la journée) mangent sur place, on leur apporte le déjeuner.
Au printemps les amandiers sont en fleur, la vallée se couvre de blanc.
La vigne va bientôt reverdir, en juin et juillet il faudra relever les pampres, dégraniller (ôter les rejets, " sagates ", et les pousses inutiles), sulfater…
vendanges2En octobre c'est les vendanges. Le jour est fixé par décret consulaire ; Gare aux contrevenants qui recevront une amende. Les vendanges se font en groupe (parents, amis, voisins..). Le raisin est cueilli dans des paniers puis vidé dans des corbeilles ou comportes en bois, les semaous, qui seront descendues des bancels au chemin carrossable à dos d'homme. Le " cabussaou ", sac bourré de paille qu'on met sur la tête et les épaules pour se protéger, est fort utile. Dans la cave on foule le raisin pieds nus dans la " tine "(cuve en bois de châtaignier ou de chêne). On récupère un peu de jus pour faire la cartagène. Le travail est dur mais le soir c'est la fête avec un repas pantagruélique qui, le vin aidant, est fort animé. La maîtresse de maison veut faire honneur à ses hôtes et surtout soutenir sa réputation. Les viandes sont nombreuses, ce n'est que rarement le cas. Et on recommencera demain, et les jours suivants chez l'une ou l'autre famille. 10 à 15 jours plus tard la fermentation est finie. C'est le moment de décuver et souvent le prétexte à d'autres agapes. Le vin nouveau est mis en tonneau. La rafle est sortie de la tine avec des seaux et amenée au pressoir qui se trouve sur la place du village. Le vin de presse n'est pas fameux mais qu'importe. La " dracho ", résidu après pressage, sera gardée pour être distillée.
Novembre et décembre voient le village embaumer d'odeurs de vin et d'alcool. Plusieurs alambics sont installés sur les places et les bouilleurs de cru font extraire les 20 litres d'eau de vie réglementaires ( et souvent davantage ).Autour de l'alambic c'est l'occasion de faire la causette et de puiser le verre au " semalou " où coule le divin breuvage.
La fin de l'année arrive. C'est l'occasion de goûter le vin nouveau chez le voisin, de casser les amandes sur une lauze, d'en recueillir quelques coquilles qui feront avec du lait des infusions, de préparer les amenlous ( amandons) pour les vendre aux pâtissiers, de manger l'amenlounade ( ou amelounade) gâteau aux amandes typique du coin avec un verre de cartagène ( et non carthagène : rien à voir avec Carthage ; en fait carta = quart : 3 quarts de jus de raisin et un quart d'alcool, certains y ajoutent du sucre et les proportions varient ).
Le jour de l'an le dernier marié de l'année devait donner le septième d'une charge de vin aux jeunes qui faisaient le tour du village après avoir copieusement bu en s'arrosant du reste de vin.

DEUXIEME PARTIE DU 19e SIECLE

A partir de 1861 le phylloxéra fait des ravages et Ispagnac après quelques années de sursis n'y échappera pas.
Une partie des vignes va disparaître et sera remplacée par des froments ( Une zone a gardé le nom de Fourmentaou ). Ce qui posera problème par manque d'aires de battage. Et la " caoucado "( dépiquage) encombre les places et incommode fort.
Mais Ispagnac peu à peu retournera à ses anciennes amours et en 1905 on estime que le vignoble est reconstitué avec des plants américains. Le gamay est considéré comme un des meilleurs. On trouve aussi du negret, du clinton, de l'œillade, du grenache, du chasselas, de l'aramon qui produit beaucoup….La vigne a repris ses lettres de noblesse.
Mais c'était sans compter avec la surproduction. Les vins de l'Algérois et du Languedoc sont produits en grande quantité et les stocks sont énormes.
En 1935 le gouvernement décide d'interdire certains cépages ( sous prétexte que leur vin " rendait fou ", en fait on sait que le problème est lié à la quantité absorbée) et ordonne l'arrachage du clinton, de l'otello, du jacquez, de l'isabel. L'arrêté tombe par hasard non sur les gros producteurs de plaine dont on craint la colère mais sur les petits vignerons du Massif Central. L'interdiction de cultiver ces cépages est encore aujourd'hui en vigueur , on croit rêver.
Puis c'est la 2e guerre mondiale et l'exode rural qui s'amplifie.
" L'agriculture devient insupportable " comme le disait si bien Antonin Peyre.
Dans les années 70 la commune d'Ispagnac, qui avait approché des 2000 âmes, n'a plus que 545 habitants.
La vigne a disparu peu à peu et avec elle toute l'agriculture du vallon. Aujourd'hui la population agricole active est réduite à une seule famille. Il reste encore l'élevage des moutons dans tous les hameaux sur le plateau.
Heureusement car qui dit agriculture et élevage dit emploi et entretien , beauté de l'espace.

LA RENAISSANCE DE LA VIGNE

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Depuis quelques années la municipalité d'Ispagnac, soutenue par diverses collectivités, a relancé l'implantation de la vigne dans la région.


Sylvain Gaschet, un vigneron de culture et de conviction est installé et a replanté depuis 2003 pinot, marselan, chardonnay…qu'il cultive avec passion et compétence.
Une cave est installée depuis septembre 2006 à l'entrée du village et le cru 2005 est d'ores et déjà proposé à la vente.


Le souhait de Sylvain : faire de la qualité.


Nous ne pouvons que lui souhaiter bon vin.


Et à vous noble lecteur d'avoir le plaisir de le goûter car il est "d'excellente qualité" ( avis de l'auteur ).

J.L.Peyre