LUTTE DE LA FLÛTE, UNE BELLE SOIREE

lutte de la flteUn grand merci à l’association Détours du Monde, à Aurore et son équipe, qui proposaient à l’invitation de Librokiosk, mardi 12 à Ispagnac « Lutte de la flûte ». Prévu au départ devant la bibliothèque, le spectacle, compte tenu des incertitudes météorologiques, a finalement eu lieu dans la salle multimédia. Salle comble évidemment pour écouter le chanteur conteur tunisien Adnen Helali et le flûtiste Jean Luc Thomas.

Au-delà de la prestation proposée par les deux artistes, ce qui intéressait particulièrement les spectateurs c’était apporter leur soutien à une idée : continuer à vivre et à profiter des grands espaces de montagnes à la frontière algéro-tunisienne, malgré la présence des djihadistes dans la région. En 2013 deux bergers avaient été décapités pour la seule raison qu’ils voulaient vivre dans un espace de liberté en préservant leur culture. Malgré l’occupation des terroristes la montagne Sheïtla entre Tunisie et Algérie a vu en avril la 5e fête des bergers. Certes la protection militaire y était imposante pour encadrer le festival mais ce fut une belle façon de montrer que la vie continue, continuera comme avant, respectueuse des traditions et respectueuse des autres.

Et les chants des montagnes du Maghreb, de Palestine ou d’autres pays y ont été l’illustration d’une identité pastorale mais aussi de l’importance du bien vivre ensemble malgré les différences. Adnen Helali le comédien, chanteurs, poète, berger dans l’âme, a proposé à un public conquis « son dialogue avec les monts », un éventail de chants arabes, de récits, où il exprime son besoin de liberté sur les pentes du Chambi, jadis parc national, où aujourd’hui la nuit résonne le bruit des armes, où les gens ont peur. Sa réécriture du Déserteur de Boris Vian en arabe et en français était particulièrement émouvante.

Quant à Jean Luc Thomas qui accompagnait Adnen tout en improvisant, on ne peut que souligner sa créativité et sa virtuosité. La soirée s’est terminée sur un moment d’échanges autour d’un thé à la menthe accompagné de pâtisseries orientales. Bref on en redemande surtout quand un spectacle est porteur d’un tel humanisme.

 

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