La maison de la presse ferme ses portes

Voici 10 ans qu'Andrée Rocoplan avait repris cette noble institution qu'est la distribution de la presse, préalablement tenue par la famille Courcier.

Mais voilà que le temps de la retraite est maintenant venu et Dédée fait valoir ses droits bien mérités. Le 1er janvier les habitués ont donc trouvé porte close et c'est avec un peu d'émotion qu'ils ont dû se rappeler leurs visites à la maison Rocoplan, les uns pour acheter le journal , voire le dernier roman qui parle des Cévennes, une carte postale ou tout simplement une pile pour montre ; pour d'autres c'était un ticket de grattage ou un attirail de pêche. Quant aux enfants ils y venaient pour une opération bonbons à discrétion.

Dédée c'est 10 ans de presse mais surtout 36 ans au service de tous sous l'enseigne qui portait bien son nom « Aux mille articles » car on y trouvait de tout. Dédée c'était toujours le petit mot gentil, assorti parfois d'un trait d'humour. Bien sûr elle ne quitte pas le village mais une page vient de se tourner. Quand l'école, la supérette, la boucherie ou la maison de la presse ferment c'est un village qui meurt. Alors la presse, ce serait fini pour Ispagnac ? Apparemment non. Des repreneurs se sont porté candidats. Mais il faut paraît-il du temps, ce serait seulement décidé courant janvier si tout va bien. Hallucinant ! Dire que Dédée avait annoncé son départ depuis 1 an ! En période transitoire le Petit Casino prendra en charge les quotidiens.

Mais c'est tout ! Douce France qui veut jouer à la grande dans la cour mondiale et où on n'est pas capable de gérer une chose aussi simple. En plus avec des repreneurs sérieux ! Avec des clients assidus ! Avec un besoin vital pour un village ! Avec une demande d'information papier ou de rêve écrit qui permet de lutter contre la sacrosainte image télévisée !

Bonne retraite Dédée. Tu n'y es pour rien . On t'embrasse.

 

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