Le sous-préfet dans les vignes près de Blajoux

20111010_prefetVoilà déjà quelque temps que Boris Bernabeu, sous préfet de Florac, avait souhaité voir les vignes replantées dans la région ces dernières années et ce à la période des vendanges. C’est chose faite. Et le fait d’avoir attendu, emploi du temps oblige, a été bénéfique puisqu’il a profité d’une année exceptionnelle pour la vigne.
En compagnie des 2 viticulteurs Elisabeth Boyé et Bertrand Servières, il s’est rendu jeudi dernier au Céret, accompagné d’Alain Argilier conseiller général et Michel Vieilledent maire d’Ispagnac.
Une visite très instructive puisqu’il a eu, in situ, des commentaires détaillés tant sur la mise en place du projet, la plantation, l’exploitation et le travail au quotidien d’un vigneron. Avec en plus sous les yeux, une partie de la récolte, le marselan, qui était encore sur cep.
« Ici, dit Bertrand, nous avons gardé des rangs de sauvigon blanc pour des vendanges tardives…La météo nous indiquera le moment de la récolte.. »
Les explications ne manquent pas quand  2 passions se conjuguent : conduite sur fil, taille future de ce cep avec 4 départs, couvert végétal tous les 2 rangs pour protéger le sol et favoriser l’action microbienne. Quant au bio ce sera sans doute pour bientôt. « Nous y sommes pratiquement…on va voir »
Après la plantation de sauvigon et chardonnay, c’est la parcelle de marselan qui est visitée. Puis direction la cave d’Ispagnac et quand les vignerons sont aussi œnologues tout est clair et facile. Et pédagogique en plus: dégustation du jus de la syrah ramassée la veille, puis du « bourrut » en cours de fermentation qui donne déjà une idée, et enfin voilà le vin fini…Puis cerise sur le gâteau : un pur marselan avec un an de tonneau. Un régal…
C’est là qu’on comprend mieux pourquoi les clients sont nombreux ainsi que les restaurateurs. « Si mon père avait goûté ça il n’en serait pas revenu ! » dit Michel Vieilledent. Il est vrai qu’autrefois l’aramon en était loin …Et là, aujourd’hui, on se rapproche des très bons AOC. Et les questions de Boris Bernabeu se succèdent :

« Dans tous ces travaux, vous avez des préférences ? La vigne elle même ? La cave et l’élaboration du vin ?

Elisabeth est claire ---Chaque tâche est complémentaire. En passant par toutes les étapes on a la vision du futur…

---En plus expliquer aux gens fait partie de notre travail…ajoute Bertrand

---Chez nous ce n’est pas 50 hectos / hectare ou plus, avec tout mécanisé…

---Cinq hectares suffisent pour vivre en Lozère ?

---Oui bien sûr, les clients apprécient et reviennent, les restaurateurs ont vu la qualité ;   mais pour mieux vivre l’idéal serait d’avoir un peu plus en quantité, un rendement un peu supérieur…Non pas en surface, on n’y arriverait pas.

---Un travail très prenant ?

---Nous avons pris 5 jours en août, c’est tout…Mais bon…

(Dans ce –mais bon- on comprend que le mot travail associé à plaisir, rime avec passion.)

---Et pourquoi Domaine des Cabridelles ?

---En fait c’est une salade sauvage très appréciée, qu’on trouve dans les vignes, surtout cultivées, donc ça allait de soi. »

Le sous préfet, très satisfait de l’accueil, rappelait en partant qu’il était venu « par curiosité, par plaisir mais aussi et surtout pour soutenir une activité pérenne, qui a trouvé son développement en Lozère, qui est certes une niche dans la production lozérienne mais qui a toute sa place aussi. » 

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