Médaille d'or au salon de l'agriculture

20120314_pelardon_parisCocorico ! C’est toujours un plaisir de voir une entreprise lozerienne récompensée. Ce vient d’être le cas pour deux exploitations agricoles proches d’Ispagnac qui ont vu leurs pélardons sur la plus haute marche du salon.
Deux médailles d’or ex æquo : Vincent de la Borie, et un tandem, Karine Ruaro et Raymond Sabatier de Montméjean.
Ces derniers se sont lancés dans l’élevage des chèvres en avril dernier. C’est dire avec quelle rapidité ils ont maîtrisé le sujet et atteint l’excellence : ce qui laisse bien présager de l’avenir. L’idée de départ c’est Karine qui l’a eue.
Raymond pour sa part s’occupait jusque là de moutons à vocation viande. Aujourd’hui ils ont 70 chèvres, bientôt 100. « un chiffre raisonnable, disent-ils, après il faut assurer, faire de la qualité, de la recherche », d’autant que les moutons sont toujours là, moins nombreux certes. 
«  L’association des 2 présente un intérêt, nous dit Raymond, les moutons ont une vocation pré, les chèvres plutôt broussailles…C’est un bon complément pour entretenir l’espace et le valoriser. »
Alors qui fait quoi dans l’équipe ?
Raymond s’occupe plutôt de l’aspect commercial et se considère « exécutant de base ». Karine, elle, gère les chèvres, elle les connaît parfaitement. « Voilà Galipette, Griotte, Frimousse…Là bas c’est Domino… »
20120314_pelardon_paris_2Pour le profane elles se ressemblent toutes à s’y méprendre. A la traite automatique ce sont 24 bêtes qui passent en même temps et c’est un art que d’arriver à une telle docilité. Quant à la production, elle est très variée : bûchette, pélardons de toutes sortes, pyramide, deux sortes de tommettes, yaourts…
La diversité des produits fait la réussite de la maison : il y en a pour tous les goûts, du plus frais au plus élaboré, du doux au plus corsé. La commercialisation jusque là ne pose pas problème et se fait en partie localement sur Florac, Mende, dans les restaurants du coin. « Ce qui importe c’est de faire un bon produit régulier, c’est ce qui nous a été dit par les professionnels caprins dès le début, et c’est très juste. On ne peut se permettre la médiocrité. Si c’est la cas, on jette, on ne met pas à la vente, c’est essentiel. »
Regroupés à plusieurs pour une part de leur commercialisation, vers Paris, ils ont aussi des contacts sur Montpellier, le Vaucluse. Ils font partie l’AOP du pélardon (appellation d’origine protégée) et à ce titre respectent un certain nombre de critères : un produit 100% naturel et sauvage, une exploitation à taille humaine, un savoir faire traditionnel, une qualité et une typicité garanties.
Et de fait quand sous la croûte couleur crème ou légèrement parsemée de moisissures, on découvre une texture fondante avec des arômes de fleur et une pointe de noisette, ça fait chanter le palais. Il faudra un jour ajouter une appellation Lozère à tous ces excellents produits, que ce soit les viandes de bœuf ou d’agneau, le miel, les confitures, le vin d’Ispagnac…
Il y a dans le mot Lozère un parfum de bout du monde et donc d’authenticité et de naturel. Il ne serait pas stupide de se pencher sur le sujet. Quant à Raymond et Karine, que dire ? si ce n’est Bravo ! surtout en voyant le résultat au bout de 10 mois. Bon vent donc pour le pélardon de Montméjean. Avec un chardonnay blanc des côtes de Blajoux ou d’Ispagnac, c’est le paradis. (sans chauvinisme…bien sûr)

 

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