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Combien reste-t-il d’alambics publics en activité en Lozère ? Deux ? Trois peut-être ? Le temps des bouilleurs de cru s’éloigne de plus en plus dans le passé et, dans chaque maison, la petite goutte, le petit « goûtez-moi ça » a disparu pour laisser place à la multitude d’apéritifs (étymologiquement pour ouvrir l’appétit !) ou digestifs (pour digérer !) qui sont proposés aujourd’hui. Bouilleur de cru : personne habilitée à produire sa propre eau de vie. En France quiconque est propriétaire d’une vigne ou d’un verger enregistrés sur le cadastre peut distiller les produits qui en sont issus. Après déclaration au service des douanes, la distillation se fait dans des ateliers publics ou privés. En Lozère sur les places de village autrefois. Les bouilleurs de cru ont droit à 10 litres sans payer de droits, les autres paient une taxe, 50% sur les premiers 10 litres, 100% ensuite. Pour mémoire ce ne sont que les fruits fermentés, c-a-d dont le sucre après plusieurs semaines s’est transformé en éthanol, qui peuvent produire de l’alcool. L’alambic (souvent en cuivre) est une gigantesque cocotte, chauffée traditionnellement au feu de bois, qui extrait l’éthanol des fruits sous forme de vapeur, laquelle après refroidissement immédiat se transformera en eau de vie. A Ispagnac il reste encore un alambic. C’est Michel Vieilledent qui le fait fonctionner sous le regard attentif et intéressé de son fils Jérôme et de son petit fils Loïc à qui il aimerait bien transmettre le flambeau, à savoir la tradition et le savoir faire. C’est pour lui un dérivatif au milieu de nombreuses autres activités et surtout une façon de garder un peu de ce passé et de ses coutumes qui s’envolent trop rapidement. Il est évident que les quantités d’alcool produites sont minimes, car liées aux droits de bouilleur et au petit nombre de personnes intéressées. Les quelque dizaines de litres qu’il extrait ne peuvent pas porter ombrage aux grandes marques de spiritueux qui se sont approprié le marché depuis longtemps. Il est bien loin le temps des 3 alambics qui distillaient jour et nuit à Ispagnac, où la population, tout en se réchauffant à leur foyer, goûtait le produit qui sortait du serpentin, tout en parlant de la pluie ou du beau temps. Eau de vie, eau de feu, al kohol (esprit de vin ?), blanche, marc, les mots ne manquent pas…ils se déclinent suivant les régions, calvados, cognac, ou suivant les adjuvants, anis, herbes diverses, agrumes…Même les religieux s’étaient fait une spécialité en la matière, charteux, bénédictins, moines de l’abbaye de Sénanque, prémontrés si on en croit Daudet dans l’élixir du révérend père Gaucher. Bref. A votre santé ! ( façon de parler, car question santé !…)
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