SON PRIEURE

 ISPAGNAC ET SON PRIEURE

On pense que le prieuré d'Ispagnac date de l'an 535. Il serait le plus ancien du Gévaudan constuit par l'évêque "Hilarius" vénéré sous le nom de St Hilaire.

Mais le prieuré d'Ispagnac ne rentre dans l'histoire que le 22 avril 1142. Une bulle du pape Innocent nous dit que ce prieuré fait partie de l'abbaye de St Géraud d'Aurillac. La localité Gallo-Romaine ayant disparue, le prieuré bénédictin devint le centre d'un nouveau village.

Mr d'Ispagnac était le nom donné au prieur. Cet ordre de bénédictins, le plus répandu de tous dans le haut moyen âge, était le plus savant, le plus actif, le plus riche.

Les prieurs n'étaient pas seulement des chefs religieux, ils étaient aussi Seigneurs Temporels, jouissant de tous les droits, privilèges, prérogatives des seigneurs féodaux. Mr d'Ispagnac était un vrai seigneur et il rendait la justice (la maison Solane aurait été la prison).

Jusqu'à la Révolution, soit pendant près de 10 siècles, l'histoire du prieuré d'Ispagnac va dominer la vie de la ville. Ce sont des religieux mais aussi de puissants seigneurs. Leur pouvoir dépasse le vallon, s'étend sur les Causses jusqu'au Valdonnez.  

Un fait marquant pour l'histoire civile d'Ispagnac, par un document de l'année 1295, il est dit que les habitants de cette petite ville voulant sortir de la tutelle de ses prieurs, demandèrent des syndics pour gérer les affaires publiques et leurs intérêts, et homme Aldebert de Peyre, leur prieur et seigneur se disant disposé à accorder aux habitants l'objet de leur demande. Cette déclaration eut lieu au marché  d'Ispagnac. Malheureusement, la perte de ses archives ne nous permet pas de suivre la marche et les progrès du système municipal.

Le prieur recherchera la protection du roi de France et obtiendra en 1298 du roi Philippe Le Bel un partage de souveraineté (dit un acte de paréage). Cet acte n'avait pas été agréable à l'évêque de Mende et tout est fait pour faire annuler et révoquer cet acte.

 

vieux_village_ispagnac_020Il reste peu de traces des bâtiments primitifs de l'ancien prieuré. Ils étaient contigus à l'église comme les autres établissements bénédictins. Il devait y avoir un cloitre ou galerie à 4 côtés, ouverte par des arcades sur une cour intérieure, une grande salle prieurale pour les réunions, un réfectoire, un ou plusieurs dortoirs, l'appartement du prieur et des annexes.  Les anciens bâtiments du prieuré et l'église étaient fortifiés, il en reste des preuves sur les murs.

A n'en pas douter, ce sont ces moines bénédictins qui firent construite l'église au 12e S. et plus tard les remparts.

En 1580, église et prieuré furent fort endommagés par Merle (guerres de religion). Echappés du massacre, 2 religieux relevèrent les ruines du monastère, ils vivaient encore en 1607.

Vers le début du XVIIe S., il fut fait des restaurations par l'évêque de Mende, Charles de Rousseau qui était prieur et seigneur d'Ispagnac. Les moines sont remplacés par des prêtres.

Les bâtiments du monastère n'étaient restaurés que tres sommairement, ils conservèrent cependant le nom de "Château", nous retrouvons cette expression en 1765. Un violent incendie les détuisit presque entièrement en 1760, mais la communauté se maintint jusqu'à la révolution.

Quelques faits dans les annales : Au mois d'Octobre 1779, une partie de l'angle du pont est emportée par la crue des eaux du Tarn. Le 12 août de l'année 1781, un orage violent endommage la plus grande partie des vignes et presque tous les orges et avoines de Paros, Vigos et la Chaumette.

10 octobre 1793, ce jour là, sur la place publique d'Ispagnac, furent brûlées les archives du Prieuré et tous les titres féodaux. Les cloches, l'argenterie, les ornements de l'église disparurent et le clocher fut abattu.

Une société populaire montagnarde s'était formée. Le 16 mars 1794, elle plante l'arbre de la liberté dans la ville. Le mois suivant, elle livre aux flammes les bustes et statues des saints et les signes religieux qui tombent sous sa main.

Après les mauvais jours, le culte divin fut rétabli. L'ancien curé reprit possession de la cure.

Adjudication le 25 décembre 1807 de la reconstruction de la tour pour porter l'horloge, sur la principale porte de l'église paroissiale.

En 1823, les dames de la présentation de Marie s'établissent à Ispagnac pour l'éducation des jeunes filles. Les dames Ursulines leur succèdent en 1842 puis établissement, en 1847, les Frères de l'instruction chrétienne ou du Sacré Coeur.

En 1853, construction de deux chapelles formant le transept de l'église.

L'ancien prieuré est incendié en 1860. Le feu se communique à la tour de l'horloge.

Ispagnac sera bientôt doté d'un établissement bien précieux. 2 ou 3 religieuses de St François-Régis ouvriront une pharmacie et accorderont aux malades toutes sortes de soins, grâce aux votes de la municipalité et aussi à des dons généreux.

                                                        Article de MME PAULETTE BRUN

La paroisse d'Ispagnac était composée de trois quartiers : celui de la ville, celui du Causse et celui des Valats. Chaque quartier formait une communauté, administrée par des consuls.

La quartier d'Ispagnac prenait à sa charge la moitié des impositions ; les autres deux quartiers l'autre moitié.

L'élection des consuls et des conseillers se faisait, chaque année au mois de mai. Les habitants étaient convoqués au son de la cloche. Le juge de la ville présidait à cette réunion.

CLERGE SECULIER :

La ville d'Ispagnac possédait, en dehors des religieux bénédictins, un nombreux clergé, chargé d'acquitter diverses fondations, fruits de libéralités pieuses. En 1528, ces prêtres séculiers étaient au nombre de 15, sans compter le curé.