Le couvent des Ursulines (château)

 LE CHATEAU ET LES SEIGNEURS D'ISPAGNAC :

  Le château est situé à l'opposé du prieuré, ils étaient reliés par des souterrains dont l'entrée a été murée (couvent actuel).

1247 - LES GREGOIRE DE LAMBRADES

              D'après certains écrits, les Grégoire qui étaient baillés (noblesse de robe) habitèrent d'abord la maison ségneuriale sur la place du couvent. Devenus des seigneurs, ils construisent le château. Les Grégoire, au cours des générations, cherchèrent à s'élever, à s'enrichir pour avoir dans le vallon le premier rang.

1325 - Raymond de Grégoire est déjà qualifié de "Damoiseau". Il se titre Seigneur de Javillet. Au long des siècles, ils s'apparentent aux grandes familles du Gévaudan et au XIIe s. ce sont de vrais seigneurs.

1380 - Il sont alors Seigneurs d'Ispagnac, du Marazeil, de Nozières, La Recouse, de Lambrandes, de Charbonnière.

1580 - Lors de l'attaque de Mathieu Merle, Tristan de Grégoire de Lambrandes était capitaine, commandant pour le roi la ville d'Ispagnac, à la tête de 90 hommes.

Ispagnac, entouré de ses remparts semblait inexpugnable, mais Mathieu Merle avait placé son artillerie devant la grande tour du château (côté placette). Après une journée de bombardements, la troupe pénètre dans la ville. Tristan avec ses hommes et la population quittent les lieux, s'enfuient par la Portette (place du Camard) vers le Tarn.

Tristan de Lambrades avait été un pauvre défenseur de sa ville mais il était très jeune. Plus tard, il sera un vrai chef de guerre, rallié au roi Henri IV.

LE CHATEAU ET LES COMTES DE CHATEAUNEUF DE RANDON

       Apparentés aux Grégoire de Lambrandes, ceux-ci leur cédèrent le château et leurs biens. Tristan de Grégoire de Lambrandes avait épousé Anne de Chateauneuf de Randon du Tournel en 1670.

Alexandre-Paul de Chateauneuf de Randon fut le dernier à porter le titre de "co-seigneur d'Ispagnac", de Molines, de Nozières.

C'est lui, le fameux conventionnel et farouche montagnard qui allait donner un visage à la révolution française en Lozère.

Les Chateauneuf de Randon n'habitèrent le château d'Ispagnac qu'à certaines périodes de l'année, mais ils vont l'embellir. On leur doit le portail de l'entrée qui est à leurs armes et leur devise "DEO JUVANTE,  avec l'aide de Dieu" qui est celle des princes de Monaco. En 1533, Antoine de Chateauneuf de Randon épousa Elisabeth Grimaldi, fille du prince de Monaco.

Le château n'a plus de tours, elles ont été démolies à différentes époques. Les ispagnacois appelait le château "La Toure". Il en reste de belles salles aux plafonds magnifiques, un bel escalier, sa rampe de bois et fer forgé travaillé au couteau.

Rue qui passait devant le château et qui arrivait à la place des Oules.

Pendant la révolution de 1790, il a été transformé en hotellerie avec relais pour chevaux.

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1842 - LE COUVENT :

couvent_01En 1823, le château remanié est acheté par les Dames de la Présentation. En 1842, elles le cèdent aux soeurs Ursulines dont l'école avait subi un grave incendie à Quézac. C'était un domaine "salubre et agréable" pour le pensionnat de jeunes filles. Une circulaire de 1842 explique aux parents ce qu'elles enseignent "la lecture, l'écriture selon les meilleurs principes, la grammaire française, l'arithmétique raisonnée, le nouveau système des poids et mesures, la sphère, la géographie, l'histoire, la mythologie, le dessin... à coudre, à broder et autres petits ouvrages de leur sexe".

 

Une de leurs soeurs, Sophie Savajol, a obtenu son Brevet de Capacité de l'Académie des Mines vers 1830 et il est intéressant de voir ce qu'on exigeait pour cet examen ! Histoire saintes et cathéchisme diocésain, lecture des imprimés français et latin, des manuscrits français, procédés pour enseigner à lire, les diverses écritures (batarde, coulée, cursive, ronde, anglaise), analyse grammaticale, orthographe, calcul : mesures anciennes et nouvelles, équivalence, calcul décimal, les 4 opérations, règle de trois et de société, méthode d'enseignement simultané et mutuel...

L'enseignement est entre les mains des parroisses, des communautés, évêques... Depuis la révolution, l'enseignement réorganisé par Chaptal, ministre de Napoléon, fait appel aux religieuses qui avaient été chassées et qu'on rappelle.

Les lois Ferry de 1881 à 1885 rendent l'enseignement laïque obligatoire et gratuit et celle du 3 Octobre 1886 oblige à remplacer tous les enseignants congréganistes  par les laïques. La loi du 7 Juillet 1904 interdit carrément d'enseigner à toutes les congrégations.

A Ispagnac, c'est le départ des Frères remplacés par des laïques et la sécularisation des soeurs enseignantes.

De nos jours, le couvent accueille toujours l'école privée d'Ispagnac et deux soeurs y vivent, assurant la cantine scolaire pour les enfants, soeur Monique et soeur Marie Gérard appartenant à l'ordre des Ursulines.

L' ORDRE DES URSULINES : petit rappel

Soeur Angèle Merici, née en 1474 à Desenzano, Italie du Nord, fonde le 25/11/1535 à Brescia "la Compagnie de Ste Ursule" et choisit Sainte Ursule, vierge et martyre du VIe s. comme patronne pour l'institut qu'elle fondait. Son culte est particulièrement conservé à la cathédrale de Cologne.

Son but est d'aider des jeunes filles à servir Dieu, en consacrées, sans obligation de voeux. Elles sont donc des laïques, peuvent vivre dans leur famille ou sur le lieu de leur travail. Elle meurt le 27 Janvier 1540. Elle repose encore aujourd'hui dans un cercueil de verre dans l'église de Saint Afre à Brescia.

Après sa mort, l'évêque de Milan, Charles Borromée modifie les institutions en donnant aux soeurs une règle. Les soeurs prononcent des voeux et se voient imposer la vie commune. Seules les soeurs de Brescia conservent les institutions originales d'Angèle Merici.

Les Ursulines apparaissent en France en 1586 et en Lozère depuis 1812. Fortement insérées dans la vie locale des villages de Chirac, Serverette et Ispagnac vivant un apostolat de proximité.

LE COUVENT DE NOS JOURS :

porte_couventcouvent_escalierL'escalier et le portail, vantaux compris ont été classés aux monuments historiques le 17 Avril 1950.

Ce bel escalier en pierre avec des balustres en bois sculptées au couteau repose sur un pilier.

 

Belles salles aux plafonds magnifiques

 

 

 

 

La chapelle construite en 1900 et terminée en 1920

  Les petites soeurs brodaient beaucoup à l'époque et grâce à l'argent récolté, elles ont orné l'église.

 - Stalle où se tenait la supérieure et à sa gauche ainsi qu'à sa droite, ses assistantes.

 

- Le confessionnal incorporé à la construction

 

- Un vitrail qui représente la fondatrice de l'ordre des Ursulines qui par humilité n'a pas voulu donner son nom.