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Voilà déjà 1 mois qu’une maison de retraite lozérienne a été primée au niveau national pour son accueil des malades atteints d’Alzheimer. Une juste récompense pour la direction du Réjal et son personnel, très motivés, pour tous les élus et le conseil général qui ont cru au projet et apporté une aide financière. Un très bon point pour la Lozère, petit département avec ses 75 000 h, à côté des possibilités et réalisations des grandes villes, qui démontre, ô combien, qu’elle sait donner une place à ses personnes âgées et un accueil de qualité. Me Michèle Frémontier, directrice de la fondation Médéric-Alzheimer confirme sur place ce mardi 22 les raisons du choix du jury et pourquoi la mention spéciale Alzheimer a été attribuée à la maison de retraite d’Ispagnac. « Nous avons fait uns sélection en fonction de la qualité architecturale adaptée à cette maladie, mais surtout en fonction du projet de vie. Une belle architecture sans âme, même bien pensée, n’aurait pas eu nos faveurs. Ici, au Réjal, le bon dieu est dans les détails : variations à tous les niveaux, décoration à hauteur des chaises roulantes, plantes, couleurs, mobilier divers comme à la maison, petit recoin pour s’isoler, ici cuisine ouverte, là un accès direct au jardin d’agrément….On a accepté de prendre des risques (minimes) mais qui font qu’on se rapproche de la vie antérieure des résidants… » L’architecte du cabinet Bonnet-Tissier, qui a conçu les plans, présent, apprécie les compliments : « pas de longs couloirs type hôpital, de petits volumes où on se sent bien…Ici pas d’espace de déambulation (ridicule), on circule avec un but, on ne déambule pas ! Kevin Charras, psychologue, responsable de programmes d’interventions psychosociales, lui aussi venu de Paris, découvre l’unité Alzheimer. Son travail, sa recherche : aller vers un mieux vivre des malades. Il s’avoue passionné par cette maladie ainsi que par l’autisme. L’idéal pour lui : reproduire autant que faire se peut, un cadre domestique avec même un personnel en civil, sans blouse (ce qui est prévu nous dit Me Gabeloux la directrice). Il est particulièrement intéressé par les ruptures dans les couloirs, la multiplicité des couleurs, la diversité du mobilier, la variation dans les largeurs et hauteurs, tout pour aider le pensionnaire à se repérer aisément. Appareil photo en main il s’informe pour aller vers des pistes à suivre ou à perfectionner « pour que les malades se sentent à l’aise dans un environnement qu’ils maitrisent ». Me Frémontier et M. Charras ont été sensibles à la diversité des lieux qui ont une vraie identité : là une chambre en coin curieuse avec son chien assis à portée de fauteuil, ici un jardin où M. Dozet retrouve son ancienne passion, là bas la cuisine accessible à tous avec réfrigérateur et « 2 ou 3 petits trucs dedans pour se servir à toute heure », des tiroirs ouverts « Tant pis s’il manque des petites cuillères ») au bout une terrasse avec beaucoup de fleurs ; cette glace à cette hauteur, ces chats sur cette porte, le nom de ce quartier L’Espérou, plus loin la Rue de la Ville, tout a une explication, une raison. Les résidants sont là, les uns occupés par l’atelier de musicothérapie, d’autres dans le petit salon ou à la cuisine, la plupart intéressés par ces visiteurs. « Quelque chose qui ne trompe pas, affirme Me Frémontier, le contact entre la direction et les pensionnaires, connus par leur nom et prénom, par leur vie, leur parcours, leurs anecdotes… » Quand on demande à Me Gabeloux ce qu’elle va faire des 10 000 euros de récompense, elle répond que c’est tout trouvé : le jardin Alzheimer « un jardin clos mais pas hermétique ». « Ici il y aura déjà des végétaux à fruits rouges, là ce seront les grimpants, là bas la mangeoire à oiseaux, plus loin le potager, à niveau bien sûr… » Tout est prévu pour essayer de fixer ou retrouver le souvenir ; couleurs des fruits, odeur du chèvrefeuille…etc Des projets ? Elle n’en manque pas ! Un parc un jour à la place de quelques studios… »Quand on n’a pas de projet on n’avance pas. »
La synthèse de cette visite? L’un des participants l’a donnée : »Si la maladie d’Alzheimer est un cruel problème de société,, sa prise en compte par des établissements comme le Réjal, le soutien de la collectivité, du département, l’encouragement de la fondation Médéric, ne peuvent que donner de l’espoir en l’avenir.
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