Le boeuf Pascal

LE BOEUF PASCAL, une tradition !

boeuf_pascalLe boeuf gras promené en cortège à la fin du Carême, signifiait la fin du jeûne, le renouveau pascal, l'arrivée du printemps. Comme l'écrit Anne-Marie Brizebarre, anthropologue et spécialiste de l'élevage, "le boeuf gras promené dans les bourgs entre le dimanche de la Passion et celui des Rameaux est, par ses formes rebondies, la promesse de rassasiement de l'envie de viande -en particulier de viande rouge- qui tenaille toute la famille, petits et grands, pendant le Carême et parfois pendant toute l'année, ne pouvant être assouvie qu'en des occasions exceptionnelles".

Suivant les régions, traditions ou religions, l'agneau ou le boeuf était servi sur les tables à Pâques.

La tradition est restée à ISPAGNAC !

Le dimanche des Rameaux, sur la place, la boucherie perpétue la tradition pour le plus grand plaisir de tous.

Dans nos régions, il est de tradition de présenter les boeufs de Pâques aux futurs consommateurs non seulement pour les faire apprécier de visu mais aussi pour honorer éleveurs et bouchers qui proposent de la viande de qualité, de Lozère bien sûr, et qui sera servie pendant la semaine pascale.

Cette journée est une mise en valeur des produits des élevages locaux, un terroir : Le parc national des Cévennes, une alimentation saine : exclusivement herbe et foin du Mont Lozère, céréales (seigle et orge), le boeuf pascal est soumis à un cahier des charges très strict. PURE RACE AUBRAC !

Un apéritif, agrémenté de l'incomparable saucisse sècheclôture cette fête, vrai moment de convivialité.

Ce soutien à la ruralité correspond bien à l'état d'esprit d'Ispagnac , respecter une coutume et préserver l'authenticité est sans nul doute une qualité que les Ispagnacois entendent bien conserver.

ISPAGNAC, OU LE RESPECT DE LA TRADITION    (par Fernand Molines, boucher)

Il est un jour particulier où le Boeuf est roi.

Pour la circonstance, nous dressons à Ispagnac un enclos au milieu de la place, face au portail de l'église. Cet enclos abritera durant ce dimanche particulier, les boeufs, qui bientôt recevront la bénédiction des Rameaux.

Elevé pour la circonstance, l'animal que j'ai choisi, reçoit durant 3 années, les soins attentifs de l'éleveur et la nourriture du mont Lozère qui, conjugués, lui garantiront son authenticité.

Et maintenant comme mon père le faisait, (et combien j'étais fier ce jour là...), je conduirai dans un premier temps la bête dans l'enclos de forturne de ce dimanche des Rameaux afin que le prêtre la bênisse et que la population admire l'animal roi.

Engendré par la terre d'Aubrac, le Boeuf de Pâques fait partie intégrante de la tradition lozérienne...

L'HOMME MODERNE A BESOIN DE TRADITIONS  (extrait article François Brager)

Le boeuf de Pâques évoque bien des souvenirs, d'abord ceux de mon enfance à Ispagnac. C'était un moment d'animation. Tous les enfants du village étaient présents et le boeuf circulait dans les rues du village.

D'année en année, cette tradition qui fut d'abord religieuse, devint une fête de notre village, tous y participaient, les agriculteurs, les commerçants et tous les habitants.

Chaque famille se devait d'avoir sur sa table et de goûter le boeuf de Pâques.

Le maintien de cette tradition nous montre qu'un pays peut rester authentique, attaché à sa terre tout en étant de plein pied dans le monde moderne sans perdre son âme. Nous avons besoin de nos racines pour résister au monde qui s'ouvre de plus en plus. Ces coutumes, fruit de notre terroir, sont en quelque sorte nos défenses immunitaires, notre instinct de survie...

LE BOEUF DE PAQUES, UN PRODUIT NATUREL !

Le boeuf de Pâques est un bovin mâle castré âgé de trois ans, de race Aubrac pure, élevé sur le territoire défini.

Pendant 3 ans, il est au pâturage, au minimum du printemps à l'automne. L'hiver, il peut être en stabulation et son alimentation est exclusivement constituée d'herbe ou de foin de prairie. Durant les 100 à 120 derniers jours précédant l'abattage, la ration peut être enrichie d'un mélange de céréales produites sur le territoire du Parc national des Cévennes en quantité, passant progressivement de 1 à 3 ou 4 kg par jour.

En outre, l'éleveur s'engage à éliminer régulièrement le refus, à respecter strictement les règles d'hygiène en matière de stockage et d'épandage du fumier, à ouvrir son exploitation au public et à permettre le contrôle des conditions d'élevage ainsi que le suivi régulier de l'état des parcelles.

Cette production de viande ne gaspille pas d'énergie, car les animaux utilisent des végétaux non consommables par l'homme. Ces fourrages sont produits naturellement et récoltés sans grosse dépense d'énergie fossile (contrairement aux aliments déshydratés).

Le recyclage des fumiers évite les apports d'engrais tout en améliorant la fertilité des sols liée au taux d'humus. De plus, les sols utilisés ne pourraient, compte tenu de leur faible productivité, porter autre chose que des fourrages. Enfin, les cultures de céréales ont un effet positif sur l'avifaune, perdrix en particulier.

Les boeufs de Pâques peuvent donc permettre, à moindre coût, le maintien d'une activité humaine et la lutte contre la fermeture des milieux tout en produisant, de façon traditionnelle, une viande de qualité exceptionnelle.

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